Affichage des articles dont le libellé est Littérature étrangère. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Littérature étrangère. Afficher tous les articles

mercredi 30 juillet 2014

La singulière tristesse du gâteau au citron de Aimee Bender



Quatrième de couverture

Le jour de ses neuf ans, Rose Edelstein mord avec délice dans le gâteau au citron préparé pour l'occasion. S'ensuit une incroyable révélation : elle ressent précisément l'émotion éprouvée par sa mère lorsqu'elle assemblait les couches de génoise et de crème. Sous la douceur la plus exquise, Rose perçoit le désespoir. Ce bouleversement va entraîner la petite fille dans une enquête sur sa famille. Car, chez les Edelstein, tous disposent d'un pouvoir embarrassant : odorat surpuissant ou capacité de se fondre dans le décor au point de disparaître. 
Pour ces superhéros du quotidien, ce don est un fardeau. Chacun pense être affligé d'un mal unique, d'un pouvoir qu'il faut passer sous silence. Comment vivre lorsque les petits arrangements avec la vérité sont impossibles ? Comment supporter le monde lorsque la moindre bouchée provoque un séisme intérieur ? Comme le singulier gâteau de Rose, les livres d'Aimee Bender sont recouverts d'un succulent glaçage, fait d'humour et de fantaisie. 
Dans ce texte plein de charme, proche des films de Wes Anderson, elle met l'imagination au pouvoir et prouve qu'elle est l'un des auteurs les plus originaux du paysage littéraire américain.

Mon avis

Je trouve que c'est un livre assez particulier, on a une petite fille qui peut décrire avec exactitude les sentiments des personnes qui préparent la nourriture rien qu'en la mangeant. Elle peut donner l'originer des aliments et l'état dans lequel était les agriculteurs lorsqu'ils ont été cultivés.

Dans le fond, on a l'histoire d'une jeune fille qui ressent la tristesse de sa famille, en particulier de sa mère par l'intermédiaire de ce fameux gâteau au citron. A vrai dire on ne sait pas réellement comment cela a commencé, on sait juste que c'était avec ce gâteau qu'elle avait pourtant déjà mangé plusieurs fois auparavant.

Rose ressent toutes sortes d'émotions, et c'est comme cela qu'elle a découvert le secret de sa mère. Les émotions de cette jeune fille qui ne contrôle pas ses sens ne sont pas bien retranscrites à mon goût, on ne sait jamais sa position sur le sujet, comme si rien ne l'affectait réellement. Pourtant, des événements assez importants ont eu lieu, tels que les disparitions inquiétantes et répétées de son frère Joseph.

Au bout du compte, on se demande si ce ne sont pas ses propres émotions qu'elle ressent à travers ce qu'elle mange, car on peut plus ou moins suivre l'évolution du personne par le biais de ceci. Malgré les expériences que George a fait sur elle, il est difficile de trouver un remède à quelque chose lorsque ce quelque chose n'est pas réellement une maladie mais un état intérieur...

Bref, je suis un peu mitigée quant à ce livre, il n'est pas désagréable à lire mais le sujet aurait pu être je pense beaucoup plus approfondi... 

Lady Misory

lundi 14 juillet 2014

Expiation, Ian McEwan



Quatrième de couverture

Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la déroute de Dunkerque et les prémices du Blitz. Mais est-il encore temps d'expier un crime d'enfance ? Un roman dans la grande tradition romanesque, où Ian McEwan, tout en s'interrogeant sur les pouvoirs et les limites de la fiction, restitue, avec une égale maîtrise, les frémissements d'une conscience et les rapports de classes, la splendeur indifférente de la nature et les tourments d'une Histoire aveugle aux individus.

Mon avis

J'ai beaucoup entendu parlé de cet auteur notamment dans La Grande Librairie sur France 5 où la présentation de ses œuvres m'avait vraiment intéressée. Du coup je suis allée voir mon libraire qui m'a conseillé l'un de ses bouquins, comme l'avait une de mes amies : Expiation. 

J'ai déjà grandement apprécié la quatrième de couverture qui en dit long sur le style d'oeuvre à laquelle nous avons à faire. L'Expiation, c'est celle de Briony, qui doit rétablir la vérité à propos d'un événement passé s'étant déroulé chez elle, en présence de toute sa famille. Oui, elle a dit des choses qu'elle regrette, mais ce n'est pas aussi simple.

Le roman débute par la préparation de mise en scène d'une pièce écrite par la jeune fille, les Tribulations d'Arabella. Briony souhaite de tout le monde qu'il participe, mais ce n'est pas forcément réciproque. Les invités, Lola et ses deux frères jumeaux, préféreraient faire autre chose que de s'atteler à apprendre une pièce complètement ennuyante, et ceci en seulement un jour puisqu'elle veut la présenter lors de la venue de son frère. Un point que j'ai particulièrement aimé, c'est qu'on commence avec cette pièce de théâtre, et on finit également avec. Les deux passages se ressemblent mais sont tout de même particulièrement différent puisqu'ils se déroulent déjà à plus de 60 ans d'écart l'un de l'autre. On ressent la prise de conscience, la maturité et le sens des responsabilités entre les deux moments. Le personnage de Briony est complètement métamorphosée et est vraiment de plus en plus appréciable. Oui je dis ça parce qu'au début elle ressemble surtout à une petite peste qui ne pense qu'à elle-même, il faut le dire. A la fin cependant on voit l'adulte qui est en elle et on aime la personne qu'elle était avant et comprenant celle qu'elle devient après.

A cause d'elle, un homme se retrouve en prison. Ce n'est pas ce qu'elle voulait, mais c'est arrivé, et cela a engendré énormément de conséquences. Sa sœur ne lui adresse plus la parole, ni à elle, ni à personne dans la famille, et cela ne semblait pas la gêner avant de découvrir les horreurs de la guerre via son travail à l'hôpital. 

Oui, nous sommes sur fond de guerre, et cela change tout à l'histoire. Robbie Turner, accusé par cette jeune fille d'acte obsène envers sa cousine et sa sœur, se retrouve sur le front après avoir passé quelques années en prison. On se demande presque lequel de ces deux champs de bataille était le plus dur pour lui, mais ce n'est pas la question : L'absence de l'amour de sa vie est la chose la plus horrible et c'est ces deux événements qui l'ont causé. Bref, pour lui, tout est de la faute de Briony, et ça peut se comprendre. Le traumatisme de la guerre n'arrange en rien les relations entre les différents personnages. La mort est partout, la misère est partout et ça se ressent à tous les points de vue. 

Ils vivent leur vie chacun de son côté, attendant impatiemment des nouvelles des autres -ou non-. Briony quant à elle au milieu de tout ça continue à écrire ses aventures, racontant ce qu'elle a vécu, mais les éditeurs ne sont pas très enjoués. Son histoire personnelle ne semble pas être aussi passionnante que cela… Eh bien elle l'est en réalité ! On découvre le personnage en profondeur même si l'histoire est faible en actions. 

Quand les personnages se retrouvent, les réactions tant attendues s'enchaînent. De la colère, de la tristesse, du remords. Peut-être que Cecilia, la sœur de Briony, et son amant (qui se sont finalement retrouvés) aurait pu lui pardonner son erreur à cause de son jeune âge, mais rien de tout cela ne se produit. On fait face à un profond mépris envers cette petite fille qui a gâché des vies sans s'en rendre compte et le fait qu'elle fasse tout pour se rattraper et pour arranger les choses ne changent rien. 

Ian McEwan nous offre une écriture vraiment très agréable à lire et rend les événements particulièrement intéressants. A la base ce n'est pas du tout le genre d'oeuvre que j'aime. Je me suis laissée tenter par curiosité et je ne suis absolument pas déçue. C'est un travail remarquable qui mérite qu'on s'y attarde et qu'on prenne un plaisir fou à le lire !


LadyMisory

mercredi 11 juin 2014

La Voleuse de livres, Markus Zusak



Quatrième de couverture

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenu. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée. Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux évènements ? Au moins que ce ne soit son secret... 
Celui qui l'a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres.

Mon avis

Comment m'exprimer par rapport à ce roman ? C'est loin de tout ce à quoi je m'attendais. La première fois que j'en ai entendu parlé, c'était dans la rue qui me menait à la librairie où j'étais en stage, parce que j'ai vu l’affiche du film qui allait sortir. J'ai trouvé ça plutôt drôle, étant dans les métiers du livre, c'est pourquoi je m'y suis intéressée. Au début je pensais que c'était quelque chose d'humoristique par rapport au titre, j'étais loin de m'attendre au sujet réellement abordé. C'est ce dernier qui m'a fait acheté le livre. Nous sommes au milieu de la Seconde Guerre mondiale. Que vient donc faire l'histoire d'une Voleuse de livres au milieu de tout cela ? Quelle importance cela a-t-il réellement ? C'est ce que Markus Zusak nous montre avec brio. 

La narratrice n'est autre que la mort en personne. On commence déjà avec un aspect original de l'oeuvre qui allégorise la mort, lui donnant un aspect humain, nous permettant de découvrir un point de vue peu abordée par la plupart des œuvres que nous connaissons bien. Oui, la mort a croisé la route de Liesel, plusieurs fois, et nous raconte son histoire. Elle est le porte parole de la Voleuse de livres. 

J'avoue qu'au premier abord j'ai trouvé l'histoire plutôt longue à démarrer. Je trouve le début de l'histoire plutôt ennuyeux à lire même si cela a un impact important pour la suite de l'action. Le premier vol est dû à la mort du frère de Liesel. On a du mal à comprendre pourquoi elle la fait, mais on a l'impression qu'elle en a besoin pour continuer son chemin. Les livres qu'elle dérobe portent le souvenir de quelque chose, d'un être ou d'un événement, qui lui permet de toujours se rappeler de ces moments. 

Sur le fond, nous sommes ancrés dans une famille allemande, famille que je qualifierai de « anti-hitlérienne » mais qui ne le montre pas par peur de se voir enlever ce qu'il y a de plus important : la famille.

Lorsqu'arrive Max, un juif en quête d'un endroit où se cacher, la famille n'hésite pas et le cache dans son sous-sol, malgré les risques. Au début, Liesel n'est pas au courant, mais, très vite, elle finit par l'être et par se rapprocher de se personnage que ses parents mettent tant de mal à garder sous leur protection. A partir de ce moment-là, Liesel a deux grands secrets qu'elle doit garder à tout prix pour se protéger et pour protéger sa famille. Ce que je trouve ironique et en même temps assez révélateur c'est que le rapprochement entre Max et Liesel se fait par le biais du livre Mein Kampf d'Hitler. Déjà, je me demande pourquoi Max lit ce bouquin parce que bon on peut dire qu'il n'a plus ou moins pas les mêmes idéaux qu'Hitler pour résumer la chose… D'un autre côté ce livre deviendra le livre préféré de Liesel, après que Max lui en ait fait cadeau de manière assez originale. L'oeuvre devient quelque chose de plus, elle devient beaucoup plus importante et plus profonde dans leur relation. D'une certaine manière, Max a cherché à effacer l'histoire pour la réécrire pour que tout n'ait pas l'air si mauvais en ces temps de guerre…

Tous les souvenirs de Liesel sont inscrit ici, comme si la mort la connaissait parfaitement, et on comprends pourquoi elle nous raconte tout cela à la fin, je n'en dirais pas plus… Je me suis permise de noter quelques citations que j'aime beaucoup, pour leur côté humoristique ou profond :

« Parfois, ça me tue la façon dont les gens meurent. »

« Elle s'accrochait désespéramment aux mots qui lui avaient sauvé la vie. »

« Il s'est tué parce qu'il voulait vivre. »

Et pour terminer, vis-à-vis de la narration et du style d'écriture qu'au final j'aime beaucoup, je mettrais une dernière citation qui résume bien l'esprit de l'oeuvre et qui je suis sûre vous donnera réellement envie de découvrir cette histoire, quelque peu maigre en action forte, certes, mais dont le symbolisme du personnage vous donnera envie d'en savoir toujours plus !

« Évidemment, c'est très impoli de ma part. Je suis en train de gâcher non seulement le dénouement du livre, mais la fin de ce passage particulier. Je vous ai annoncé deux événements parce que mon but n'est pas de créer un suspense. Le mystère m'ennuie. Il m’assomme. Je sais ce qui se passe et du coup vous aussi. Non, ce qui m'agace, me trouble, m'intéresse et me stupéfie, ce son les intrigues qui nous y conduisent. »

LadyMisory

vendredi 30 mai 2014

La librairie de la pomme verte, Collectif



Quatrième de couverture

Tendres et pleines d'humour, ces histoires vraies écrites par trente grands romanciers américains sont autant un hymne à la librairie qu'une invitation à la lecture et à la découverte de nouveaux livres.

Mon avis

Je pense que quasiment tout est dit dans la quatrième de couverture. Ceci est un recueil de plusieurs témoignages d'auteurs qui parlent chacun de la librairie qui a changé leur vie. Pour la plupart, il s'agit d'une librairie qui les a aidé à se faire connaître et qui ont promu leurs œuvres avec toute la véracité dont les libraires sont capables de faire preuve. 

Ce livre m'a attiré dans un premier temps parce que j'ai moi-même envie de devenir libraire et que cela me semblait une bonne œuvre à lire dans ce but. J'ai commencé les premiers témoignages et c'est à ce moment que je compris que j'avais bien fait d'acheter ce livre. Ce n'est pas seulement une hymne à la gloire des librairies. C'est une hymne à la gloire des libraires et des relations humaines qui peuvent se forger à l'intérieur de ce lieu magique qui nous offre tant de choses à découvrir. Tous les libraires décrits semblent différents. Ils ont tous une méthode particulière, un tempérament peu banal qui les rend exceptionnels, qui fait qu'ils sont là et qu'ils sont appréciés de leurs clients. 

Les librairies sont décrites comme des lieux magiques, des lieux de savoir mais aussi des lieux de rencontres. On se rend compte petit à petit que les livres sont bien plus que ce qu'ils laissent paraître. On a l'impression que lire un livre, c'est s'isoler, parce que c'est un acte personnel et que personne n'est là pour le partager avec nous. Eh bien c'est totalement faux. Le livre est un lieu commun, un lieu de rencontre et de partage, qui permet aux gens de découvrir le monde et de se découvrir entre eux. 

Je conseille ce livre à tous les amoureux de la lecture, parce que ces témoignages d'auteurs (dont la plupart vous seront peut-être connus) reflètent le merveilleux monde des livres et de la littérature dans toute sa splendeur. Ce collectif a vraiment été une très bonne idée à mettre en place. Chaque auteur a une manière de s'exprimer qui le rend plus ou moins attachant non seulement pour sa propre personne mais aussi par rapport au sujet dont il parle. J'avoue qu'il y a certaines librairies évoquées que je rêverais de visiter juste à cause de ce livre ! 

La narration est plutôt sympathique, écrite de manière nostalgique ce qui rend le texte très attachant en plus du fait que les anecdotes qui y sont retranscrites sont vraiment passionnantes. Un grand merci pour ce livre que j'ai pris plaisir à lire !

LadyMisory